Namaste les amis !

Pas sûr que vous aurez des photos aujourd'hui, internet c'est encore pire qu'hier.

Journée remplie d'émotions, une fois encore. Je suis partie pour le fort ce matin après le petit déjeuner. Le problème, qui n'en est pas vraiment un, est que je suis restée collée à la première boutique en entrant dans l'enceinte. Avec le vendeur, Bawani, on a commencé à discuter de choses et d'autres, puis il m'a offert un chai, puis il m'a emmenée en moto dans un resto tout en haut du fort pour que j'ai des toilettes acceptables. On est redescendu par les petites ruelles (j'ai pensé à vous, SHR !), c'est super beau.

Il m'a proposé un tour dans les environs, différent de et nettement plus attrayant que celui que proposait mon hôtel. J'ai donc annulé celui-ci. J'ai fait la connaissance de son patron, Dileep, et de quelques guides qui sont venus déjeuner dans la boutique. Un des résultats de nos discussions : les Italiens sont moyennement apprécié, les Australien en revanche ont la cote.

Un peu après 14 heures, Dileep m'a emmenée en jeep sur un site appelé Bada Bagh (grand jardin). Les maharajas d'autrefois y avait créé un jardin qui a dû être magnifique. Là sont érigés les cénotaphes des maharajas, ce ne sont pas des tombeaux puisque les cendres ont été jetées dans la Gange. C'est très calme, avec des arbres en contrebas et un énorme champ d'éoliennes un peu plus loin.

Sur la route se promènent les troupeaux de chamelles. Oui, seules les femelles vivent en troupeau, les mâles, eux, sont solitaires.

Nous avons ensuite visité un village fantôme, Kuldhara. Au 14e siècle, le maharaja avait fait venir des gens de la région de Jodhpur pour peupler le désert. Les brahmins de l'époque avait conclu un accord qui leur permettait de s'installer à une certaine distance de la ville et de vivre en relative autonomie, sans trop payer d'impôts. 84 villages s'étaient ainsi créés et le désert était rendu fertile par le savoir-faire des villageois. Cela a duré jusqu'au jour où 500 ans plus tard Salam Singh, premier ministre despote, voulut saigner à blanc les villageois avec des taxes exorbitantes. Alors, en une seule nuit, tous les villages ont été abandonnés et leurs habitants se sont évaporés dans la nature, sans que l'on retrouve leur trace.

Sacrée histoire, non ?

Dileep m'a alors emmenée à l'endroit où, à une autre saison, prospèrent les champs de sa ferme bio. Les habitants du désert savent vraiment s'y prendre. Ils ont construit un barrage avec 35 points de passage pour l'eau. Pendant la saison des pluies, un côté est complètement sous l'eau à cause de la rivière qui se remplit et déborde jusqu'à inonder totalementla plaine. Quand l'eau commence à descendre, on ouvre les points de passage et l'eau s'écoule de l'autre côte en irriguant les champs préparés.

Puis nous avons continué jusqu'au dunes de Khuri. Nous nous sommes arrêtés au village pas loin, et j'ai eu droit à ma promenade à dos de chameau pendant une heure (largement suffisant, si vous voulez l'avis de mon arrière-train). C'est la première fois de ma vie que j'ai vu de vraies dunes de désert. En plus, toute la journée la brume obscurcissait le soleil, cela faisait une lumière très bizarre. J'ai encore eu de la chance : là ou le Routard dit qu'il y a un peu moins de monde qu'au dunes de Sam, je n'ai vu en tout et pour tout que des antilopes, un rapace (le jeune garçon, Zambou, qui m'emmenait aux dunes disait que c'était un aigle, je vérifierai...), pas mal d'oiseaux et des scarabées.

Dileep nous a rejoints avec la jeep, les chameliers sont repartis et nous, on s'est installé sur la dune et on a regardé le soleil se coucher en buvant de la bière, seuls au monde. En fait, c'était plus comme si la lumière s'éteignait doucement, le soleil était complètement voilé à ce moment-là. La nuit tombé, on voyait des éclairs très au loin, vers Jodhpur. Au bout d'un moment, et un peu à contre-coeur, on a plié bagage et Dileep m'a ramenée à mon hôtel.

Voilà encore une journée humainement enrichissante, et c'est bien ce que je recherchais en revenant ici.

Bon, demain j'ai encore toute la journée pour visiter le fort (pour de bon !) et de faire mes adieux à Dileep et Bawani autour d'un petit chai avant de prendre le train du soir.

Je vous ferai donc mon dernier rapport et un rattrapage photo jeudi depuis mon hôtel de Delhi. Là, ça va vraiment être la fin. Dur dur...

Bises sablées, à bientôt !